Si j'analyse un graphique linéaire montrant le pourcentage de la population de langue maternelle française au Canada, disons entre 1951 et 2006, j'y vois une courbe qui part de 29 % environ pour descendre tout doucement à 25,7 % en 1981, 24,3 % en 1991, 23,5 % en 1996, puis à 22,9 % en 2001 et 22,1 % en 2006. Si la tendance se maintient, on peut déjà prévoir, sur la base d'un scénario qui n'est ni optimiste ni pessimiste, que demain, ce sera 18 % puis 15 % et rien ne me permet de penser qu'il en sera autrement. L'assimilation est en marche et rien de pourra l'arrêter malgré la loi sur le bilinguisme, les droits des francophones et le souvenir de Trudeau qui est mort, lui aussi.
(...) Sur l'île de Montréal, les francophones sont devenus minoritaires. C'est dire qu'un grand nombre d'allophones ne s'intègrent pas au monde francophone et il me semble qu'il y a probablement un très gros problème de ce côté-là car si les immigrants allophones qu'on reçoit se fichent de la langue française, il ne faut pas être un grand savant pour envisager le fait que les francophones seront bientôt minoritaires dans leur propre pays. (...)
La majorité des Québécois ne se préoccupent aucunement du fait que la moitié des allophones immigrés dernièrement à Montréal «y travaillent surtout ou exclusivement en anglais et que plus de la moitié des étudiants allophones qui ont fait leurs études primaires et secondaires en français fréquentent par la suite le cégep anglophone». (...)
Il est vrai finalement que nous sommes loin de ce problème à Montmagny mais quand Montréal ne vivra plus en français, il sera trop tard pour nous demander ce qu'on pourrait faire. Il faut savoir gré au Parti québécois de vouloir débattre d'une question extrêmement sérieuse et souhaiter qu'il en arrive à une juste compréhension de la réalité pour imaginer des solutions à la hauteur du défi qui nous confronte tous.
J. Maurice Arbour, président du Parti québécois, Montmagny-L'Islet
(Retrouvez l'opinion complète sur www.oieblanc.com http://www.oieblanc.com)
mercredi 2 décembre 2009
Gaulin à Patelli: on voit avec la lunette qu'on emprunte
Montréal s'anglicise-t-il à vue d'œil? La réponse est oui. Pas seulement Montréal, mais sa ceinture du 450 et, dangereusement, la frontière de l'Outaouais car des jeunes familles anglophones de l'Ontario venues pour payer moins d'impôts ou profiter des garderies (tiens, tiens, on ne serait pas les plus taxés dont parlent les fédéralistes!) ne se mettent pas au français, loin de là. Bien sûr, si l'on veut flotter sur le Lac des castors ou parler aux petites légumes du marché Jean Talon, on voit les choses autrement!
Par ailleurs, il n'est pas question comme le laisse à entendre l'éditorialiste du web, de ne pas savoir l'anglais. C'est une matière scolaire du primaire et du secondaire qui est normalement validée par des contrôles. Si on ne savait pas l'anglais après cela, il faudrait revoir l'enseignement de cette langue, arrêter de la saupoudrer de la première année au secondaire 5 (12 ans sans résultat?) et l'enseigner au bon niveau (secondaire) efficacement.
Mais pourquoi faire du cégep pour les non-anglophones un lieu de passage à la vie en anglais, ce que font la moitié des immigrants reçus et beaucoup de francophones. C'est au cégep que l'on entreprend des études supérieures et il importe de le faire avec des concepts opératoires dans le génie de sa langue maternelle ou commune. Par ailleurs, pourquoi une nation devrait-elle payer de ses impôts sa propre assimilation?
Monsieur Patelli rappelle que nous sommes encore une province. Soit et avec lui, on le restera. Mais il omet de dire aussi que nous sommes une nation dans le Canada. Si ce concept n'est pas une arnaque, il faudrait qu'il devienne opératoire (ou constitutionnalisé) et que cette nation coïncide avec un territoire de langue française, le Québec. C'est là que le bât blesse; non seulement le Canada ne respecte-t-il pas la loi 101 sur le territoire national québécois, mais sa Constitution de 1982, que nous n'avons jamais signée, nous impose la «clause Canada»: autrement dit les parents d'Ontario ou d'ailleurs au Canada venus vivre au Québec ont droit à l'école anglaise dès le primaire. C'est pourquoi il faut renforcer la loi 101 que la Cour suprême vient encore de charcuter. Si Montréal tombe, c'est tout le Québec qui suivra.
André Gaulin
Berthier-sur-Mer
Par ailleurs, il n'est pas question comme le laisse à entendre l'éditorialiste du web, de ne pas savoir l'anglais. C'est une matière scolaire du primaire et du secondaire qui est normalement validée par des contrôles. Si on ne savait pas l'anglais après cela, il faudrait revoir l'enseignement de cette langue, arrêter de la saupoudrer de la première année au secondaire 5 (12 ans sans résultat?) et l'enseigner au bon niveau (secondaire) efficacement.
Mais pourquoi faire du cégep pour les non-anglophones un lieu de passage à la vie en anglais, ce que font la moitié des immigrants reçus et beaucoup de francophones. C'est au cégep que l'on entreprend des études supérieures et il importe de le faire avec des concepts opératoires dans le génie de sa langue maternelle ou commune. Par ailleurs, pourquoi une nation devrait-elle payer de ses impôts sa propre assimilation?
Monsieur Patelli rappelle que nous sommes encore une province. Soit et avec lui, on le restera. Mais il omet de dire aussi que nous sommes une nation dans le Canada. Si ce concept n'est pas une arnaque, il faudrait qu'il devienne opératoire (ou constitutionnalisé) et que cette nation coïncide avec un territoire de langue française, le Québec. C'est là que le bât blesse; non seulement le Canada ne respecte-t-il pas la loi 101 sur le territoire national québécois, mais sa Constitution de 1982, que nous n'avons jamais signée, nous impose la «clause Canada»: autrement dit les parents d'Ontario ou d'ailleurs au Canada venus vivre au Québec ont droit à l'école anglaise dès le primaire. C'est pourquoi il faut renforcer la loi 101 que la Cour suprême vient encore de charcuter. Si Montréal tombe, c'est tout le Québec qui suivra.
André Gaulin
Berthier-sur-Mer
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